10 septembre 2011

Le Khadi de Gandhi

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Un khadi est une étoffe tissée à la main avec un fil de laine, soie ou coton lui-même filé à la main.

Ce type d'étoffe avait été mis à l'honneur par Gandhi, qui disait que si chaque personne portait des vêtements faits de khadi, il n'y aurait plus de problème de chômage en Inde. Lui-même pratiquait le filage du coton à titre d'exemple et comme pratique méditative.

Ces étoffes sont le fruit de plusieurs semaines de travail, les porter en foulard ou les façonner en vêtements sont des actes forts qui accroissent notre conscience de la matière.

En décembre 2010, au tournant de la nouvelle année j'avais pris le temps de la réflexion pour vous livrer mon expérience sur: "Le temps dans la matière". Les khadis disent tout cela.


"Torses de danseurs émergeant de 

l'horizontale blancheur des chaînes tendues,
les tisserands conversent par gestes avec le temps."

Bérénice Ellena

Ma conscience élargie du tissu à l'échelle des fils qui le composent,
mes techniques de coupe qui ne produisent aucune perte (patrons rectangulaires ou triangulaires),
mon écoute du mouvement intrinsèque de la fibre (aller là ou la matière m'y incite et parfois jouer avec ça: la contraindre ou lui laisser de la liberté) 

font que travailler des tissus faits manuellement est un pur bonheur.

J'ai l'impression de parler au tisserand, et de me laisser porter par son histoire. Les irrégularités liées à la main de l'homme deviennent des opportunités. Le système orthogonal du tissage (entrecroisement des fils de chaîne et fil de trame) prend quelque liberté et quelque souplesse inédites...


Posté par marielabarelle à 17:29 -


05 septembre 2011

Qu'est-ce que le confort?

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Atelier de teinture à l'indigo, chez Jesus, créateur de Colors of Nature à Auroville (ville expérimentale près de Pondicherry).


Teinture naturelle à l'indigo par marielabarelle


Qu'est ce que le confort?

* Etre assis sur une chaise? ou sentir son corps souple capable de s'adapter à plusieurs situations?
* Contrôler la température de l'air? ou se laisser fuser dans la chaleur?
* Plonger dix fois  un écheveau de coton dans un bain d'indigo naturel fermenté à la forte odeur? ou le plonger une fois dans une solution chimique?
* Porter un vêtement ample et couvrant? ou court et resserré?
* Dormir avec les cris des animaux? ou dans le silence d'un double vitrage?
* Travailler sur un chantier de construction en sari? ou en bleu de travail?
* Se laisser guider? ou imposer son intuition?
* Dormir tard le matin? ou saluer le soleil en pratiquant le yoga?
* Manger bien assez ou juste assez? doux ou épicé?
* Prier? ou parler?
* Marcher pieds nus? ou chaussés? 


"On ne trouve plus de tissus artisanaux en Inde."
On m'avait prévenu.
Avant mon voyage, les touristes me disaient, "tu vas te régaler avec cette profusion de couleurs et de matières", les professionnels me disaient "là où tu vas il n'y a plus rien, en Inde comme ailleurs dans le monde, l'artisanat est en crise majeure".

En effet, j'ai eu entre les mains des matières polyester dont je me demande comment on peut les tolérer sur la peau. Il parait que de très nombreuses indiennes brûlent chaque année, lorsqu'un pan de leur sari synthétique passe malencontreusement près d'une flamme.

Projet n°2: Trouver - quelque soit le lieu où il faille les trouver- des tissus tissés à la main,
(et d'une grande beauté).


 

 

Posté par marielabarelle à 17:58 -
04 septembre 2011

Pondy-Kanchipuram-Arni-Pondy: le cri de la soie

La quête...

difficile...

Je m'imagine, si j'étais indienne, fraichement débarquée à Paris, demander à mon chauffeur de taxi de m'aider à trouver une boutique où acheter des vêtements de qualité, qui ne soit ni rue de Rivoli, ni Avenue Montaigne, et lui demander de me conduire dans une région éloignée qu'il ne connait pas... ?

Oui, c'est difficile...

 

Donc, le 30 juillet 2011, dans les terres du Tamil Nadu, vers la fin de l'après-midi, roulait un taxi sur de mauvaises routes. Il régnait dans ce taxi une ambiance fortement dégradée, son chauffeur ne savait pas ce qu'il cherchait, refusait d'aller où il n'était jamais allé. A l'arrière du véhicule, une française, seule à se comprendre, assoiffée et fatiguée, persistait à imposer une direction après moultes cuisants échecs. Dans la précédente échoppe, une indienne lui avait dit: "What are you doing here? There is nothing for you in this shop!" Pourtant elle savait que ce type de propos annoncent que l'on est sur la bonne voie, qu'ils sont signe qu'on s'extrait (à grand peine) de la culture de masse, et des canyons creusés par et pour le tourisme.
Mais elle doutait.
Et elle se remémorait ses fabuleuses trouvailles à Java.
Et elle se remémorait les propos défaitistes. Ils ont peut être tous raison. 

 

 

carnet de voyage 2

 

Et les saris claquent, et la lumière jaillit. 

Lorsqu'on ouvre d'un coup sec un coupon de soie de qualité, il se produit dans l'air une sorte de crissement sonore et un éclair de lumière.

Il existe un mot allemand pour désigner cela: "seidenschrei", littéralement, le cri de la soie.

C'est exactement ce qui est arrivé à l'intérieur d'une maison sans devanture à Arni, au coucher du soleil.
Le vendeur de ce magasin d'état a repéré le batik indonésien que je portais autours du cou et a compris pourquoi j'étais là.

Il me présente au maître tisseur et je lis dans son regard la douceur un peu voilée mais profonde que je connais dans le regard de mon maître teinturier japonais.

Nous n'avions plus besoin de mots pour parler, la soie criait pour nous. 

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300 tisserands travaillent dans cette coopérative. Ils produisent des saris de soie, qui sont tous des pièces uniques numérotées et signées par leur artisan. Chaque sari représente plusieurs semaines de travail.

Ces saris vont donner lieu à un projet spécial de pièces uniques. En attendant, si vous passez à mon atelier-boutique 34 rue des Petites Ecuries, Paris 10, il m'arrive si on me le demande, de faire crier la soie et partager ainsi quelques trésors.

fond blog

Posté par marielabarelle à 17:59 -


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